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Posted on 24 Juil 2017

Et pourquoi pas l’accueil d’embryon ?

Et pourquoi pas l’accueil d’embryon ?

Au-delà du don de gamète, il existe en France la possibilité d’accueillir un embryon. Si cette pratique est  autorisée  depuis la loi de bioéthique de Juillet 1994, il a fallu attendre une dizaine d’années pour qu’elle se mette en place, un an avant la révision de la loi de bioéthique d’Août 2004.

Pour qui ?

Pour pouvoir bénéficier d’un accueil d’embryon, les couples doivent tout d’abord répondre aux critères de la PMA (Procréation Médicale assistée) , c’est à dire être mariés ou attester d’une vie commune de plus de 2 ans, avoir une infertilité médicalement diagnostiquée, ou être à haut risque de transmettre à l’enfant à naître une maladie particulièrement grave. L’accueil d’embryon est alors envisageable pour les couples infertiles, en accord avec la loi de bioéthique en vigueur, si l’un ou l’autre des membres du couple est stérile. Cependant, la plupart des centres français pratiquant l’accueil d’embryon ont tendance à privilégier les doubles stérilités, lorsque l’homme et la femme sont tous les deux stériles. C’est en effet pour ces couples la seule possibilité d’assistance médicale à la procréation qui s’offre à eux car, en France, le double don de gamètes est interdit (il est reconnu en Espagne, au Danemark et au Royaume-Uni).

 D’où viennent ces embryons ?

Les embryons qu’un couple peut accueillir sont des embryons congelés issus d’une tentative de Fécondation in vitro (FIV) réalisée par un couple infertile. Lorsque le nombre d’embryons obtenus en fécondation in vitro (FIV) est supérieur au nombre d’embryons que l’on souhaite transférer, il est possible de congeler les embryons surnuméraires de bonne qualité pour un transfert ultérieur. Cette congélation ne se fait qu’avec l’accord préalable du couple. Les embryons sont placés dans un milieu cryoprotecteur puis montés en paillettes, et congelés. Soigneusement étiquetées et référencées, les paillettes sont conservées dans une cuve d’azote liquide à une température de -196°C.

Les deux membres du couple, dont les embryons conçus in vitro sont conservés, sont consultés chaque année par écrit sur le maintien ou non de leur projet parental. En cas d’abandon du projet parental ou de décès de l’un des deux membres du couple, le couple ou le membre survivant peuvent consentir à :

-l’accueil de leurs embryons par un autre couple

-des recherches sur leurs embryons

-l’arrêt de la conservation de leurs embryons

La particularité de cette pratique réside dans le fait que c’est un couple qui donne,  et non pas un individu isolé et que ce don n’est pas spontané mais secondaire aux méthodes d’AMP.

Plus de la moitié des couples ayant renoncé à leur projet parental choisissent la destruction, qui n’est rendue possible que depuis la révision de la loi de bioéthique de 2004. Un tiers les destine à la recherche et seulement 10 % choisissent d’en faire don à un couple infertile.

Vu le faible nombre d’embryons disponibles pour l’accueil, les différents centres ont tendance à limiter à deux par couple le nombre de transferts d’embryons, qu’ils soient suivis ou non d’une grossesse.

Comment accueillir un embryon ?

Il y a environ une vingtaine de centres autorisés pour l’accueil d’embryon en France, principalement des CECOS (Centre d’Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme). Le couple infertile doit faire sa demande après avoir reçu une information éclairée délivrée par l’équipe médicale du centre autorisé à laquelle se joint un psychologue ou un psychiatre. Si l’indication est recevable, le couple devra confirmer sa demande par écrit un mois après ce premier entretien. L’équipe médicale adressera ensuite le couple au tribunal de grande instance de son lieu de domicile qui leur délivrera (ou non) une autorisation pour l’accueil d’embryon valable pendant  3 ans et qui recueillera leur consentement à une AMP nécessitant le recours à un tiers donneur leur reconnaissant juridiquement  la parentalité du ou des enfants issus de l’accueil.  Après un délai d’attente variable selon les centres (environ 6 mois), pour laisser le temps de la réflexion, le premier transfert d’embryon pourra avoir lieu, si le dossier s’avère complet.

Les couples qui choisissent de céder leurs embryons à un autre couple doivent signer un consentement qui sera visé par le tribunal de grande instance du lieu du centre autorisé. L’abandon de leur projet parental pour ces embryons conservés est donc juridiquement établi par le biais de ce consentement.

Une enquête généalogique est menée pour rechercher le risque de maladies héréditaires et des tests sérologiques récents sont exigés pour le Sida, les hépatites B et C et la Syphilis . S’il y a le moindre doute ou la moindre anomalie, les embryons sont refusés pour le don. S’ils sont acceptés, certaines équipes tentent d’apparier les caractéristiques du couple receveur avec celles du couple donneur, mais c’est extrêmement difficile en pratique. Attention, l’accueil d’embryon ne garantit pas la bonne santé de l’enfant à naître, il est soumis aux aléas de la grossesse et de l’accouchement qui restent imprévisibles ! La nature garde le dernier mot.

Une démarche rare

En France, la première grossesse issue d’un accueil d’embryon date de 2004. Les taux de grossesses sont d’environ 25 à 27 % par transfert d’embryon. Vu le peu d’embryons cessibles, on ne compte, à ce jour sur le territoire français, qu’une vingtaine de naissances après accueil d’embryons.

 

Plus d’informations : www.cecos.org

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